lundi 23 février 2009

Normalement...

...les Oscars me laissent de marbre. Mais bon, là, j'ai envie de goûter sans mélange ce petit bonheur:




Un petit bonusque, tricoté avec l'aide de Pulp Motion (hé oui je suis sous Mac, quelle victime de la mode tout de même!):



video

jeudi 19 février 2009

Degrés de solitude: 35 rhums, de Claire Denis (2008)



Lionel (l'habitué Alex Descas), conducteur de RER et veuf, vit seul avec sa fille Joséphine. Ils forment une famille improbable avec deux de leurs voisins, Gabrielle, chauffeur de taxi, ancienne amante de Lionel qui n'arrive pas à tourner la page, et Noé (Grégoire Colin, autre régulier) l'orphelin paumé qui n'arrive pas à quitter définitivement l'appartement hérité de ses parents.

C'est un tout petit monde d'habitudes feutrées et de désirs modestes, des personnages qui s'accrochent à ce qu'ils connaissent plutôt que de se lancer dans le grand bain d'un nouvel épisode de leur vie. Ce point est métaphoriquement souligné par Ingrid Caven, qui raconte à sa petite-fille Joséphine les peurs d'enfants de sa défunte mère, à la toute fin du film. Les désirs de partir sont là mais ils sont jugulés en douceur, on est bien dans cette tendresse, dans ce connu, même si de temps en temps on mesure à coups de verres de rhum la force qu'il reste avant de toucher le fond (NdA: il s'agit de mon interprétation quant au sens de ce jeu).

Entre ces radeaux humains les regards et les corps tentent de jeter des ponts pour ne pas totalement partir dans le courant, et c'est la merveilleuse scène dans le restaurant où ils se sont réfugiés après une panne de voiture: les manteaux trempés tombent, les nuques découvertes des femmes frissonnent et la musique enveloppe des couples qui hésitent à se former... Gabrielle tente en vain de reconquérir Lionel (sur "Siboney", déjà utilisé dans une autre version par Wong Kar-Wai pour rythmer l'amour contrarié -lui aussi- de Zhang Ziyi dans 2046: Siboney yo te quiero yo me muero por tu amor), Noé ose enfin détacher Joséphine de son père sur "Nightshift" de The Commodores (Gonna be a long night, it's gonna be all right on the nightshift / Oh you found another home, I know you're not alone on the nightshift). Le talent immense de Claire Denis pour filmer l'attente charnelle et le désir et pour l'accorder à la musique jaillit alors voluptueusement après avoir couru sous la surface faussement placide de son film, on retient son souffle et les yeux s'embuent sous la puissance de la sensation.

La force de l'habitude et le réconfort qu'elle procure, pourtant, auraient vite fait d'éteindre ces élans de vie, si des évènements ne venaient pas rappeler que la survie à la petite semaine (en s'accommodant de ce qu'on ne veut ou peut pas changer) n'est pas suffisante pour faire battre le cœur. Finalement Joséphine se laissera convaincre que son père a raison de la pousser vers le dehors... Et décidément ce qui frappe dans ce nouveau film de Claire Denis c'est l'appréhension d'un grand tout, d'un cycle de vie s'accomplissant sous nos yeux avec ses constellations humaines qui se redessinent, plus vastement que dans Vendredi soir, et avec encore plus d'empathie et d'amour pour ses personnages.

dimanche 15 février 2009

Soyons lucides:



Je me faisais cette réflexion, un brin désabusée, en regardant Le passager de la pluie hier soir. Bon, j'avais déjà pu m'ébaubir devant la juvénile Marlène Jobert de Nous ne vieillirons pas ensemble, mais les déchirements semi-autobiographiques filmés par Pialat et la magnifique interprétation de Jean Yanne m'avaient empêchée de détailler plus avant la plastique fantastique de l'interprète féminine.


L'intrigue un fifrelin embrouillée du film de René Clément a au moins eu cet avantage que j'ai pu tout à loisir me livrer aux affres de ce que la jalousie féminine a de pire, d'autant que Marlène passe son temps à se balader dans des tenues fort courtes, lorsqu'elles ne sont pas carrément translucides. Comme si cela ne suffisait pas elle porte du blanc tout du long, couleur qui ferait passer à peu près n'importe quelle femme de gabarit moyen pour Moby Dick - tandis qu'elle, au contraire, ne fait qu'accentuer son apparence de gouailleuse sylphide, c'est encore plus agaçant. Et je n'évoquerai pas le fait que bien qu'elle soit rouquine, elle arbore un bronzage caramel, c'est trop injuste.

Pour ne rien arranger, je remarquai au générique la présence d'une certaine Marika Green. Qui n'est autre que la sœur aînée (suédoise, arrrgh) de Walter Green. Le mari de Marlène, le papa d'Eva. Green. Et qui n'est pas exactement un boudin de l'année, non plus (c'est la grande blonde qui dépasse Marlène d'une bonne tête, ci-dessous).


Alors forcément, comment voulez-vous, dans ces conditions, qu'Eva Green soit autre chose que superbe, renversante, à mourir debout, même sans maquillage (surtout sans maquillage, en tout cas dans Casino Royale, où les maquilleuses ont eu la main lourde):


On n'a pas tous les mêmes cartes en main à la naissance, c'est rien de le dire: certains et certaines sont des nantis de l'hérédité. Grr.